Personne de confiance en santé : un soutien choisi par le patient
La personne de confiance accompagne le patient dans son parcours de soins et peut témoigner de ses volontés s’il devient incapable de les exprimer. Ce dispositif repose sur un choix libre : personne n’est tenu de désigner un proche, et la décision peut évoluer au fil du temps.
L’article L1111-6 du Code de la santé publique prévoit qu’une personne majeure peut choisir un parent, un proche ou son médecin traitant. La relation doit être fondée sur l’écoute, la confiance et une communication assez ouverte pour que cette personne comprenne les préférences du patient, sans leur substituer ses propres convictions.
Les qualités utiles pour ce rôle :
- Capacité à écouter sans imposer ses opinions
- Disponibilité pour échanger avec le patient et les soignants
- Respect de la confidentialité des informations partagées
- Volonté de rapporter fidèlement les préférences exprimées
Une même personne peut aussi être le contact à prévenir en cas d’urgence, mais ces fonctions sont distinctes. Les équipes doivent donc savoir quel rôle lui a été confié et respecter le consentement du patient concernant les informations médicales qui lui sont communiquées.
Rôle de la personne de confiance pendant les soins
Quand le patient peut exprimer ses choix, son autonomie reste au premier plan ; la personne désignée apporte alors un accompagnement pratique et émotionnel. Elle peut assister à une consultation, aider à retenir les informations importantes et soutenir le patient dans ses démarches, avec son accord.
Selon l’article L1111-6, la personne de confiance est consultée lorsque le patient ne peut plus exprimer sa volonté et recevoir l’information nécessaire. Elle témoigne alors de ce qu’il aurait voulu, de ses valeurs et des discussions qu’ils ont eues. Elle ne consent pas aux soins à sa place et ne prend pas la décision médicale : le médecin demeure responsable de celle-ci.
Les situations où sa présence peut aider :
- Préparer des questions avant une consultation médicale
- Reformuler les informations avec l’accord du patient
- Partager ses préférences lorsqu’il ne peut plus parler
- Faciliter la coordination entre proches et professionnels
Par exemple, une personne hospitalisée en réanimation peut être inconsciente et ne pas pouvoir préciser ses souhaits. Si elle a choisi une personne de confiance, celle-ci peut éclairer l’équipe médicale sur leurs conversations antérieures, sans se substituer au jugement clinique.
| Situation | Rôle de la personne de confiance | Limite à respecter |
|---|---|---|
| Consultation avec le patient | Accompagner et aider à suivre l’échange | Respecter son accord et sa parole |
| Patient incapable de s’exprimer | Témoigner de ses volontés connues | Ne pas décider à sa place |
| Information médicale partagée | Recevoir les informations autorisées | Respecter la confidentialité |
| Échange avec l’équipe soignante | Relayer valeurs et préférences | Ne pas imposer ses propres choix |
Pour que ce soutien soit utile en situation difficile, le choix doit être formalisé et les volontés discutées avant qu’une urgence ne survienne.
Désigner une personne de confiance et actualiser son choix
La désignation s’effectue par écrit et nécessite l’accord de la personne choisie. Le patient et la personne de confiance datent et signent le document ; chacun conserve une copie, et le patient peut en transmettre une à son médecin traitant ou à l’établissement de soins.
Le formulaire peut être rédigé sur papier libre ou établi à partir d’un modèle proposé par un établissement ou une source officielle. Il doit identifier clairement les deux personnes et préciser les coordonnées utiles. Une désignation n’est pas définitive : le patient peut la modifier ou la révoquer à tout moment.
Les informations à faire figurer dans le document :
- Nom et prénom du patient, avec ses coordonnées
- Nom de la personne désignée et nature du lien
- Coordonnées permettant de la joindre rapidement
- Date, signatures et mention de son accord
Il est prudent d’informer l’ancienne personne désignée lorsqu’un nouveau choix est fait, afin d’éviter toute confusion. Le document peut être conservé avec les papiers de santé et signalé aux professionnels qui suivent le patient ; l’important est qu’il soit accessible au moment opportun.
| Étape | Action recommandée | Pourquoi cela compte |
|---|---|---|
| Choix | Discuter du rôle avec la personne pressentie | Vérifier sa disponibilité et son accord |
| Formalisation | Rédiger et signer la désignation | Éviter les ambiguïtés sur le choix |
| Transmission | Informer le médecin et l’équipe concernée | Faciliter la coordination des soins |
| Mise à jour | Remplacer le document si le choix change | Maintenir des informations actuelles |
Directives anticipées et personne de confiance : deux outils complémentaires
Les directives anticipées expriment par écrit les souhaits d’une personne concernant certains soins et traitements si elle ne peut plus communiquer. La personne de confiance, elle, peut apporter un éclairage oral sur ses valeurs et ses préférences ; ces outils répondent donc à des besoins complémentaires.
Selon le ministère chargé de la Santé, les directives anticipées s’imposent en principe au médecin, sous réserve des exceptions prévues par la loi. La personne de confiance ne les remplace pas : elle aide à faire comprendre leur portée et peut éclairer les situations qu’elles ne décrivent pas précisément.
Pour préparer leur articulation :
- Discuter des préférences de soins avec la personne choisie
- Rédiger des directives adaptées à sa situation et à ses valeurs
- Indiquer où le document est conservé
- Communiquer les changements aux professionnels concernés
Si les proches expriment des souvenirs différents, les directives écrites fournissent un repère important. En leur absence, la personne de confiance est consultée en priorité pour témoigner de la volonté du patient, conformément au cadre légal. Elle ne tranche pas le désaccord médical : son rôle consiste à transmettre la parole du patient.
Prendre le temps de ces échanges peut alléger la charge des proches et rendre les décisions plus fidèles aux souhaits connus de la personne soignée.
Communication avec les soignants et respect de la confidentialité
La personne de confiance est un relais entre le patient et les professionnels, mais elle n’a pas automatiquement accès à l’ensemble de son dossier médical. Lorsque le patient est en mesure de s’exprimer, le partage d’informations doit respecter son accord et les règles de confidentialité.
Pour faciliter la coordination, le patient peut expliquer à l’avance ce qu’il souhaite confier à cette personne : les points essentiels de son histoire médicale, ses priorités et les sujets qu’il préfère garder privés. Ces échanges concrets l’aident à rapporter des volontés précises plutôt que de devoir interpréter des silences ou des souvenirs incomplets.
Avant une hospitalisation ou une consultation importante :
- Vérifier que le document de désignation est accessible
- Préciser les informations partageables avec la personne choisie
- Expliquer les préférences et les limites du patient
- Mettre les coordonnées à jour auprès de l’équipe médicale
Selon le Code de la santé publique, le dispositif donne une place particulière au témoignage de la personne désignée lorsque le patient ne peut plus faire connaître sa volonté. Un échange préalable, mené sans pression, donne à ce rôle une base plus solide et protège la place centrale du patient dans son parcours de soins.
Source : Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, Journal officiel de la République française ; Code de la santé publique, article L1111-6.
Mieux comprendre, pour avancer avec plus de sérénité
Qu'il s'agisse de prévention, de traitements ou d'accompagnement au quotidien, chaque repère compris est un pas de plus vers une expérience mieux vécue de la maladie, pour les patients comme pour leurs proches. S'informer ne remplace jamais un avis médical, mais permet d'aborder chaque étape avec plus de clarté.
Pour aller plus loin
- Noter les questions à poser lors du prochain rendez-vous médical
- Parler de ce que vous traversez à un proche ou à un professionnel
- Vous appuyer sur une association ou une ressource fiable
- Avancer étape par étape, sans vous comparer à d'autres parcours